En deux ans, le football féminin français a changé de régime juridique. La création de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) le 1er juillet 2024, puis la signature d'une convention collective propre aux joueuses professionnelles annoncée le 25 juin 2026, ont fait passer la discipline d'un statut hybride à une organisation professionnelle assumée.
Pour l'agent sportif, ce mouvement a une traduction très concrète : là où les relations contractuelles étaient longtemps informelles, il existe désormais un cadre contractuel écrit, homologué et opposable. C'est précisément ce cadre qui rend une profession d'intermédiaire possible — et rentable à moyen terme.
Votée en assemblée générale en 2023 et opérationnelle depuis le 1er juillet 2024, la LFFP organise :
Elle dispose de sa propre gouvernance tout en restant placée sous l'égide de la FFF. Son budget s'élevait à 10 millions d'euros pour l'exercice 2024-2025, en progression d'environ 33 % sur un an — l'ordre de grandeur dit tout à la fois l'accélération et la modestie du point de départ.
Le Statut de la Joueuse Fédérale encadre le contrat de travail des joueuses salariées. Les points structurants :
| Niveau | Durée maximale du contrat | Minimum de contrats par club |
|---|---|---|
| Arkema Première Ligue | 5 saisons (3 pour une joueuse mineure) | 11 contrats à temps plein (35 h/semaine) |
| Seconde Ligue | 3 saisons | 11 contrats au moins à mi-temps (8 pour un club promu) |
| Division 3 | 1 saison | Non fixé |
Deux règles méritent d'être retenues mot pour mot :
Le non-respect du nombre minimal de contrats est sanctionné financièrement, de l'ordre de 1 250 à 2 500 euros par match disputé en situation irrégulière. Un club ne peut donc pas contourner durablement l'obligation de contractualiser.
Annoncé le 25 juin 2026 après deux années de négociation, l'accord a été conclu entre l'UNFP, syndicat des joueurs et joueuses, et le collège employeur du football professionnel féminin. Il couvre les joueuses de l'Arkema Première Ligue et de la Seconde Ligue.
« Ce texte offre un socle de droits inédit et surtout des garanties sociales pensées pour les réalités du sport féminin de haut niveau. » — Vincent Ponsot, président du Collège du Football Professionnel Féminin
Le communiqué de juin 2026 annonce un nouveau statut reconnaissant l'engagement professionnel des joueuses, sans détailler publiquement les montants planchers ni les dispositions précises. Un agent qui conseille une joueuse doit donc se référer au texte conventionnel lui-même et non aux comptes rendus de presse — recommandation valable pour tout praticien, mais particulièrement ici, où le texte est neuf et encore peu commenté.
La logique est la même qu'en Ligue 3 masculine : là où un plancher de contrats professionnels est imposé, un volume de mandats devient prévisible. Chaque contrat de joueuse fédérale est un contrat de travail soumis à homologation, avec une durée pouvant atteindre cinq saisons au plus haut niveau. Une durée longue signifie une relation d'accompagnement durable, et non un enchaînement de coups ponctuels.
Le Statut de la Joueuse Fédérale prévoit que « le contrat soumis à homologation fait apparaître les agents sportifs intervenus », en précisant la partie que chacun représente. La transparence sur le mandant est donc une condition de régularité de l'opération, exactement comme dans le football masculin.
Aucun régime dérogatoire : l'article L.222-17 du Code du sport plafonne la commission à 10 % du montant du contrat, et l'agent ne peut être rémunéré que par une seule des parties pour une même opération. Sur des salaires encore proches des minima conventionnels, la commission unitaire est faible. Il faut le dire clairement : on ne construit pas aujourd'hui un revenu principal sur le seul football féminin français. On y construit un portefeuille, une réputation et une antériorité, dans un marché dont la courbe économique monte.
Le football féminin européen est un marché ouvert où les mouvements transfrontaliers sont fréquents et les durées de contrat plus courtes qu'en masculin. Un agent positionné sur ce segment se retrouve rapidement confronté au règlement du statut et du transfert des joueurs de la FIFA, applicable au football féminin, et à la question du cumul entre licence FFF et qualité de Football Agent FIFA. Les deux titres ne se substituent pas l'un à l'autre : la licence fédérale conditionne l'activité en France, le titre FIFA les opérations internationales.
Le principal avantage compétitif d'un marché naissant est qu'il est peu occupé. Les agences installées concentrent leurs moyens sur le football masculin ; les joueuses de Première Ligue et de Seconde Ligue sont, dans leur majorité, moins sollicitées que leurs homologues masculins de niveau équivalent. Une antériorité construite maintenant vaudra bien davantage dans cinq ans.
Dans un environnement où le cadre social est neuf, la valeur ajoutée d'un agent ne tient pas seulement à la négociation salariale : lecture du contrat, articulation avec la convention collective, protection sociale, droits à l'image, double projet et reconversion, gestion des périodes de maternité. Ce sont des sujets sur lesquels les joueuses sont demandeuses et où un agent compétent se distingue immédiatement.
Plusieurs clubs de Première Ligue et de Seconde Ligue disposent d'un centre de formation agréé. C'est le point d'entrée naturel pour identifier des joueuses en amont — sous la réserve absolue de l'interdiction de rémunération pour les mineures, et des règles fédérales encadrant l'approche des joueuses en formation.
Un budget de ligue de 10 millions d'euros, des planchers de 11 contrats par club, des rémunérations souvent alignées sur les minima : les ordres de grandeur restent sans commune mesure avec le football masculin professionnel. Une commission de 10 % sur un contrat proche du salaire minimum conventionnel représente une somme modeste. La professionnalisation est réelle, sa traduction économique pour les intermédiaires est encore en construction. Un agent qui se positionne sur ce segment doit raisonner en investissement de moyen terme, avec une activité complémentaire pour financer les premières années.
Non. La licence d'agent sportif délivrée par la FFF couvre le football, masculin comme féminin. Il n'existe pas de licence distincte pour le football féminin. Les mêmes obligations s'appliquent : mention au contrat, plafond de rémunération, interdiction de représenter simultanément plusieurs parties à une même opération.
Oui, en Arkema Première Ligue, avec une durée maximale ramenée à trois saisons pour les joueuses de moins de 18 ans. L'agent qui intervient sur une telle opération ne peut percevoir aucune rémunération, l'article L.222-5 du Code du sport interdisant toute rétribution liée à la conclusion d'un contrat concernant un sportif mineur.
Le contrat s'achève obligatoirement à la fin de la saison sportive, soit le 30 juin à minuit. Cette règle uniformise le calendrier des fins de contrat et concentre l'activité de négociation sur la période précédant l'ouverture de la période d'enregistrement.
L'accord a été annoncé le 25 juin 2026 à l'issue de deux ans de négociations entre l'UNFP et le collège employeur. Le communiqué de signature ne précise pas la date d'entrée en vigueur effective ni le détail des dispositions. Avant de conseiller une joueuse sur ce fondement, il faut consulter le texte publié et vérifier son extension éventuelle.
Oui. Le règlement du statut et du transfert des joueurs s'applique au football féminin, y compris les mécanismes d'indemnité de formation et de contribution de solidarité, ainsi que les dispositions spécifiques adoptées par la FIFA en matière de maternité. Les transferts internationaux de joueuses passent par le système de régulation des transferts de la FIFA.
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